Joseph Rossé 1892-1951 Alsacien interdit de mémoire – M. Krempper

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Description

Après Aux sources de l’autonomisme alsacien-mosellan 1871-1945, bien accueilli par la presse et le public, Michel Krempper s’attaque ici à la biographie d’un personnage-clé de cette histoire pour la période de l’entre-deux-guerres. Celui qui, lorsque l’Alsace porte au plus haut la revendication autonomiste, occupe la position la plus éminente : député de Colmar, Joseph Rossé, porte-voix de la Volkspartei (parti du Peuple), le principal parti alsacien (chrétien-démocrate).

Né en 1892 à l’époque du Reichsland Elsaß-Lothringen dans le Sundgau Welsche, c’est cependant à Colmar qu’il exerce ses diverses fonctions et responsabilités. Enseignant, syndicaliste chrétien, puis après son injuste éviction de la fonction publique, rédacteur en chef du principal quotidien catholique alsacien, l’Elsässer Kurier, directeur des éditions Alsatia, conseiller général du Haut-Rhin et surtout député, à qui ses électeurs colmariens accorderont par trois fois leur confiance. C’est égalemen à Colmar qu’il vivra pendant l’annexion de l’Alsace par le Troisième Reich. Joseph Rossé aidera des milliers de compatriotes persécutés par les nazis – emprisonnés politiques comme Robert Schuman le futur « père de l’Europe », menacés de déportation, condamnés à mort, otages pris par centaines – en utilisant l’aura dont il disposait aux yeux de l’occupant du fait de ses deux incarcérations sous la Troisième République comme autonomiste.

A partir de sources irréfutables, le livre entraîne aussi au cœur de la résistance anti-hitlérienne allemande qui aboutira à l’attentat du 20 juillet 1944 contre le Führer. Il permet de mieux mesurer l’injustice de la décision totalement politique subie par Joseph Rossé en 1947 lors de sa condamnation par un tribunal de l’épuration. Malade, il décèdera prématurément à 59 ans derrière les barreaux, ayant au total passé 2450 jours de sa vie en prison. A la grande désolation des milliers d’Alsaciens venus en 1951 se bousculer aux obsèques de l’ancien député colmarien.

Préface : Andrée Munchenbach

Michel Krempper, diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg, économiste et politologue, se consacre depuis sa retraite à la recherche historique et généalogique. D’une famille alsacienne, il a fait de sa région d’origine son terrain d’étude privilégié.

Mise en page et couverture : Jean-Eric Balnoas


Joseph Rossé

Sa vie, Son action

 

Eminente figure autonomiste alsacienne de l’entre-deux guerres, Joseph Victor Rossé est né le 26 août 1892 à Montreux-Vieux (alors Alt-Münsterol), commune du Sundgau. Il commence par apprendre le métier de son père boulanger mais sur les instigations de son instituteur et du curé qui avaient repéré ses qualités intellectuelles, il intègre le Lehrer Seminar (l’Ecole Normale) de Colmar d’où il sort premier de sa promotion. Mobilisé en août 1914, aussitôt réformé puis remobilisé en 1916, il est envoyé sur le front russe. Il est fait Leutnant (sous-lieutenant)  de l’armée impériale allemande en 1918 et décoré de la croix de fer de 2ème classe.

Professeur à l’école primaire supérieure de Colmar, responsable syndical dès 1919, militant régionaliste de la première heure, il est révoqué de l’enseignement pour avoir signé le manifeste du Heimatbund. En dépit de l’annulation de cette décision en appel, il ne sera jamais réintégré. Il rejoint alors la rédaction de l’Elsässer Kurier, organe de presse de  tendance cléricale et autonomisante appartenant au groupe de l’Alsatia dirigé par l’abbé Xavier Haegy.  Il milite au sein de l’Union populaire républicaine UPR (l’Elsässische Volkspartei), le grand parti chrétien-social alsacien dont il va devenir la figure de proue.

En 1928, le gouvernement français mène un combat acharné contre les Heimatrechtler. De nombreux militants autonomistes de tous bords sont alors accusés de conspiration et inculpés. Joseph Rossé, qui vient d’être élu député, est déchu de son mandat, condamné à un an de prison et à cinq ans d’interdiction de séjour pour complot contre la sûreté de l’État, une condamnation partagée avec son grand ancien de la Volkspartei Eugène Ricklin, président du Landtag Elsaß-Lothringen de 1911 à 1918.
Amnistié en 1931, il fonde le mouvement de jeunesse de la Volkspartei (Jungvolkspartei). Réélu en 1932, il s’inscrit au groupe parlementaire des Républicains du centre, puis, en 1936, après une nouvelle réélection, à celui des Indépendants d’action populaire. Il est aussi depuis le décès de l’abbé Haegy en 1932 directeur politique des éditions catholiques Alsatia et de leurs journaux.

Farouchement pacifiste et anticommuniste comme tous les « cléricaux » de l’époque, il approuve les accords de Munich mais finira par voter les crédits militaires. Soupçonné en 1939 d’être un agent de la propagande hitlérienne en France, il est à nouveau arrêté, transféré à Nancy et accusé, avec d’autres leaders autonomistes alsaciens, d’espionnage et d’atteinte à la sûreté extérieure de la France. En juin 1940, il est évacué en catastrophe de la  prison militaire avec le groupe dit des « Nanziger » avant d’être remis aux Allemands après l’armistice. Pendant l’occupation il restera à l’écart de la collaboration avec les nazis, qui se méfiaient de lui car il exerce alors une grande influence sur les milieux catholiques. Il se consacre totalement à son activité d’éditeur à la tête de l’Alsatia dont il fait un bastion contre le régime et son idéologie. Dès avant l’attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler, Joseph Rossé, alors en relation avec les conjurés allemands -notamment avec le colonel von Stauffenberg, l’âme militaire du complot et poseur de la bombe-, est menacé par la Gestapo qui tente de l’arrêter le 2 décembre 1944.  Il passera entre les mailles du filet et parviendra à se cacher en ville. Après l’évacuation allemande de la Poche de Colmar, il se présente de lui-même aux autorités françaises en février 1945. Il est immédiatement arrêté. Jugé en 1947, il est honteusement présenté comme l’instigateur d’une 5ème colonne en Alsace, responsable des malheurs qui ont frappé la région pendant la guerre. Les jacobins français ont pris leur revanche sur le camouflet infligé par les autonomistes lors du Komplottprozess  de Colmar de 1928 où il avait été une première fois très injustement incarcéré. Condamné à 15 ans de travaux forcés, il décède en 1951 dans la centrale d’Eysses (bagne pour collaborateurs français) dans le Lot-et-Garonne, bien loin de sa Heimet. Ses compatriotes lui feront des obsèques grandioses dans leur collégiale Saint-Martin avant de l’accompagner au cimetière du Ladhof à Colmar où il repose avec son épouse Joséphine, décédée en 1966, en compagnie de leur fils adoptif « d’r Luïala ».

Michel KREMPPER

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Informations complémentaires

Poids 1.25 kg
ISBN

978-2-36747-025-2

Nombre de pages

Broché 440 pages – 17 x 24 cm